Le plastique est un matériau précieux qui a traditionnellement suivi un modèle linéaire de type « fabriquer, utiliser, jeter », ce qui a conduit à l'enfouissement de grandes quantités dans des décharges ou, pire encore, à la pollution de notre environnement. Le modèle adopté pour l'avenir est circulaire : du berceau au berceau, et non vers la tombe.
Stimulée par le nombre croissant d’engagements pris par les marques, les distributeurs et d’autres acteurs pour boucler le cycle du plastique, la demande en plastiques recyclés augmente rapidement. Les grands fabricants de produits de grande consommation et les distributeurs se sont fixé des objectifs ambitieux pour garantir que tous les emballages en plastique soient réutilisables, recyclables ou compostables. Le problème : la demande en plastiques recyclés dépasse rapidement l’offre. Rien qu’aux États-Unis et au Canada, l’offre actuelle de plastiques recyclés post-consommation ne couvre que 6 % de la demande, qui devrait atteindre jusqu’à 7,5 millions de tonnes métriques d’ici 2030. Cela signifie que les chaînes d’approvisionnement en plastique devront passer d’un modèle linéaire à un modèle circulaire.

Le « recyclage avancé » est un terme générique qui recouvre de nombreux procédés innovants, tels que le recyclage chimique, la gazéification ou la pyrolyse. Cette transformation peut s’opérer par divers procédés, qui évitent tous la combustion des plastiques. Ces procédés décomposent le polymère jusqu’au niveau moléculaire, ce qui rend le résultat comparable à la résine vierge d’origine. Si ces technologies étaient largement adoptées, près de la moitié de l’ensemble des emballages plastiques mondiaux pourraient être recyclés d’ici 2040.
Le recyclage avancé repousse les limites de l’utilisation des plastiques recyclés, tant en termes d’applications que de domaines d’utilisation. En transformant les plastiques difficiles à recycler en une ressource réutilisable, il constitue un élément essentiel pour accélérer la mise en place d’une économie circulaire qui nous aidera à atteindre l’objectif d’élimination des déchets plastiques de notre environnement. Les technologies de recyclage avancé utilisées aujourd’hui permettent d’augmenter considérablement la diversité et les quantités de plastiques que nous sommes en mesure de recycler. Contrairement au recyclage traditionnel, le recyclage avancé permet de traiter les matières contaminées, les impuretés, les polymères mélangés ainsi que les plastiques de mauvaise qualité et de faible densité.

Le recyclage chimique désigne tout procédé par lequel un polymère est réduit chimiquement à sa forme monomère d'origine, afin de pouvoir être ensuite transformé (repolymérisé) et reconverti en nouveaux matériaux plastiques qui serviront à fabriquer de nouveaux produits en plastique. Le recyclage chimique nous aide à dépasser les limites du recyclage traditionnel. Il permet également aux fabricants de repousser sans cesse les frontières quant à la manière et aux domaines d'application des plastiques recyclés. Le recyclage chimique est utilisé depuis longtemps pour le nylon, et l’industrie s’efforce de l’étendre à d’autres types de résines.
La pyrolyse, parfois appelée « transformation des plastiques en carburant », permet de transformer les plastiques non recyclés issus des déchets municipaux solides (ordures ménagères) en un pétrole brut synthétique pouvant être raffiné pour produire du diesel, de l’essence, du fioul domestique ou des cires. Le recours à la pyrolyse pour transformer les plastiques non recyclés en diesel à très faible teneur en soufre (ULSD) permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 14 % et la consommation d’eau de 58 %, tout en économisant jusqu’à 96 % de la consommation d’énergie traditionnelle par rapport à l’ULSD issu du pétrole brut conventionnel.
La gazéification transforme les matières non recyclables issues des déchets municipaux solides (ordures ménagères) en gaz de synthèse, ou « syngaz », qui peut être utilisé pour produire de l’électricité ou être transformé en carburant ou en matières premières chimiques, telles que l’éthanol et le méthanol, dont certaines peuvent également servir à fabriquer de nouveaux plastiques entrant dans la composition de produits de consommation.

Le recyclage avancé vient compléter d’autres options de recyclage du plastique, telles que le recyclage mécanique, par dissolution et organique. Comme il permet de traiter des flux de déchets plastiques complexes, tels que les films ou les laminés, le recyclage chimique peut être utilisé pour des déchets plastiques qui, autrement, seraient destinés à l’incinération ou à la mise en décharge. Le recyclage avancé décomposant les polymères en leurs composants de base, il permet également la production de plastique recyclé présentant les mêmes propriétés que le plastique vierge, pouvant ainsi être utilisé dans des applications exigeantes, telles que le contact alimentaire et le secteur pharmaceutique. Aux États-Unis, où plus de 90 % des déchets plastiques post-consommation sont envoyés en décharge ou destinés à la valorisation énergétique, il existe un potentiel d’amélioration évident. Ensemble, le recyclage mécanique et le recyclage chimique peuvent augmenter les taux globaux de recyclage et contribuer à une économie plus circulaire pour les plastiques.